vendredi 30 décembre 2011

Propos sur le bonheur, Alain



« Il n'est pas difficile d'être malheureux, ce qui est difficile c'est d'être heureux. » Alain nous donne dans ses Propos quelques chemins pour toucher au bonheur.

La passion est une maladie qui ne peut se soigner qu'à l'aide du corps à force de gymnastique, puisque que contre la passion, la raison ne peut rien. Par l'imagination (qui à part l'art est traitresse), nous tournons en rond à se créer des contrariétés et plus nous y pensons, plus elles grandissent (the more you scratch, the more you itch). On se fait mal à soi-même en ressassant nos malheurs, en ruminant. Nous grattons là où ça fait mal. On se plaint, on s'ajoute des maux.

Pour se détourner de ces pensées malsaines, il y a l'action, l'art, la créativité, les activités, l'amitié, les interactions sociales...
« Le bonheur, c'est d'être occupé », car face à l'ennui, on s'invente crainte et colère pour se divertir. L'homme est heureux dans l'action, d'où l'adage « aimer est plus fort que d'être aimé ». On pourrait l'appliquer à tout. Mieux vaut agir que subir.

Il faut prendre conscience de ces passions, effets de l'imagination, et refuser d'y croire. Dans l'agitation, on voit mal, on juge mal.
Mais pour prendre conscience et refuser d'y croire, ne fais-je pas appel à ma raison ?
Ce qui nous blesse, ce n'est pas tant les pensées, que ce désir que les choses ne soient pas comme elles sont.

Il faut renvoyer la tristesse à ses vraies causes. La tristesse dépend surtout de l'humeur, du temps qu'il fait, de la fatigue... « Un des secrets du bonheur, c'est d'être indifférent à sa propre humeur ».
Il faut être son propre ami. S'aimer et être bon avec soi-même. Il faut être maître de ses tempêtes. « Le bonheur n'est pas le fruit de la paix ; le bonheur c'est la paix-même ». Se séparer de ses fautes, de ses regrets, de toutes les misères de réflexion. Cela passera comme un bout de bois flottant sur l'eau.

Parce que tout dépend de nous et de notre pensée, nous sommes à nous seuls notre propre ennemi. C'est nous qui donnons existence et matière à nos craintes, nos désespoirs, nos discours déprimants. Le corps non formé par gymnastique s'emporte aussitôt. D'où l'importance de s'exercer. Il faut avoir comme règle des règles, un optimisme invincible.

Le bonheur est ici et maintenant. Il ne se cherche pas, il se veut. Il ne faut pas le chercher, juste le désirer, le vivre à l'intérieur de soi, dans le moment présent. « Tandis que le bonheur n'est bonheur que quand vous le tenez ; si vous le cherchez dans le monde, hors de vous-même, jamais rien n'aura l'aspect du bonheur ».
« Le bonheur est une récompense qui vient à ceux qui ne l'ont pas cherchée ». On est heureux dans l'action libre, par la règle que l'on se donne, par la discipline acceptée. L'agir porte le désirer.

« Supprime le jugement, tu supprimes le mal ». Alain recommande une cure de bonne humeur. Il ne faut pas se plaindre, choisir l'amour plutôt que la haine. « Applaudir à la bonne musique plutôt que siffler à la mauvaise ». La joie est contagieuse, alors que la tristesse est un poison. Chacun est le miroir de l'autre. Les plaintes sur soi ne peuvent qu'attrister les autres. À l'inverse, il n'y a d'aimé que celui qui est heureux.
« C'est surtout en temps de pluie, que l'on veut des visages gais ».
La bonne humeur a quelque chose de généreux. Le bonheur est l'offrande la plus belle et la plus généreuse. Les auteurs aussi plaisent par la joie d'écrire.

« Ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c'est encore d'être heureux. » Il ne manque plus que le désir et la volonté !

1 commentaire:

  1. Tous les éléments essentiels de ce livre sont là!
    J'adore ce livre et j'adore cet écrivain!

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